Le Jeu de l'oie cendrée, aux éditions d'écarts – Dol de Bretagne |
|
| Au pays qui lui ressemble C’est à un voyage insolite que nous invite Florence Gourier avec "Le jeu de l’oie cendrée". C’est aussi un bien joli titre. Soixante et non soixante trois cases dans ce singulier et touchant parcours entre l’enfance et aujourd’hui. Mais ici nulle prison ni tour à passer, nul besoin d’avancer plus vite. Un chemin jalonné de lieux, de rencontres, de références. Autant de seuils à franchir où les serrures ont leur clé, où toutes les portes ouvrent sur des jardins secrets. Secrets partagés en confiance, comme on parlerait entre amis. Amis pris par le jeu, l’humour et la malice. Oies devenues cendrées au fil des voyages et du temps, qui ne se souciaient pas de l’endroit où elles posaient les pieds ni ne contournaient les obstacles. Puis c’est ici que Florence Gourier plante à la fois ses talons et des arbres, amandier, cyprès ou eucalyptus, comme autant d’éléments qu’elle préserverait des tempêtes, des maladies et de l’oubli. C’est sur l’étroite frontière entre les dunes et la mer que je me suis rivée en débarquant à La Rochelle. Littoralement… Je ne levais pas le nez de l’odorant serpent de varech piqué de verroterie, plumes et bris de coquilles que les vagues laissent sur l’estran. Plus jamais les roches plates de Cassis, graissées d’huile solaire à longueur d’année… A la place le sable nettoyé deux fois par jour par la marée, et le pressentiment qu’il y a matière à explorer. Matière à écrire, d’une écriture pas encore commencée ? Une scripture louvoyant entre peinture et écriture ? Mais Florence Gourier ne louvoie guère. Elle peint et elle écrit. Nous le savions grâce au Journal de la Sirène et aux livres publiés par Rumeur des Ages et les éditions A&T. Avec Le Jeu de l’oie cendrée et d’autres beaux textes à venir, elle donne toute la force, la subtilité et le souffle de son écriture. Bernard Ruhaud La Rochelle, "Le quai des lettres" N°21 |