KEITH BARNES ŒUVRE POÉTIQUE COLLECTED POEMS,
Traduite de l’anglais par Jacqueline Starer. Ouverture de Maurice Nadeau, éditions d’écarts, 2003.
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Les thèmes et l’écriture frappent par leur
énergie – une écriture elliptique saccadée
chargée d’une forte puissance consonantique. La profondeur
recueillie des images rappelle celle des poètes
métaphysiques et leur ironie intellectuelle celle de John Donne.
Les poèmes d’amour refusent tout épanchement et
épithètes élégiaques.
I never thought I’d cry except it rains so lone –
« Je n’avais jamais pensé que je pouvais
pleurer / mais il pleut si fort et je me sens si seul ». (p.18)
Keith Barnes enfant avait vécu les bombardements de la capitale
britannique et en avait conçu une haine contre la violence de
notre civilisation comme de ses lâchetés
« J’avais cinq ans C’était un merveilleux
jeu de risque / un kaléidoscope de sirènes / Des
éléphants suspendus au-dessus de la Tamise /
apprivoisés dociles qui touchés s’abattaient en
flammes / Un jeu de vitres soufflées sur mon oreiller / de
pierres propulsées à travers le plafond et le lit
(…)» (p.92)
« Nous qui sommes nés pendant l’Occupation / savons
collaborer choisir Quisling Pourquoi résister ? / Nous avons
fait place nette pour le bruit des voitures / ravitaillé les
marchés en musique d’aéroport (…)» (p.
89)
Le très grand mérite de la traduction de Jacqueline
Starer est, sans l’alourdir ni l’affadir, de rendre plus
abordable cette écriture syntaxiquement très dense.
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Extrait de la note de lecture de Michèle Duclos
Poésie/première n° 35 – juillet/octobre 2006